Les Geneveys-sur-Coffrane – 03.10.2026 – Une victoire écrasante des filles… et une bande de bipèdes pas très nets !
Récit d’une Léonberg qui a des yeux partout, une truffe affûtée et un estomac toujours prêt à rendre service.
Ce matin, grand soleil ! Une belle journée s’annonce, alors forcément, je suis de bonne humeur. Enfin… jusqu’à ce que je voie ce que ma bipède est en train de charger dans la voiture. Des piquets pour parc à moutons. On est des chiens, nous ! Pas des moutons ! À ce rythme-là, la prochaine fois elle va nous faire tondre ! Et comme si les piquets ne suffisaient pas, voilà qu’elle ajoute un sachet rempli de ballons de baudruche. Là, ça devient franchement suspect. Des piquets, des ballons… Qu’est-ce qu’elle mijote encore ? Je commence à me demander si je ne ferais pas mieux de rester à la maison.
Bon… finalement non. Il paraît qu’il y aura mes copains du GRL, ça c’est une excellente nouvelle ! Et puis je pourrai toujours surveiller la nourriture. Parce qu’on ne sait jamais.
Je n’avais encore aucune idée de ce que les autres membres du comité nous avaient préparé comme jeux. Mais une chose était sûre : avec les bipèdes, il faut toujours s’attendre au pire.
Ma bipède m’a quand même fait un petit briefing avant le départ : « Cette année encore, les filles doivent gagner. Et surtout, pas de triche ! » Alors là, j’étais parfaitement d’accord. Parce que nous, les filles, nous avons des principes. Les garçons, eux, ont… comment dire… …une interprétation très personnelle du règlement.
Enfin arrivée à bon port, je repère déjà Brian et Stéphanie, les organisateurs du jour. Ils sont au taquet, déjà en train de préparer la traditionnelle torrée neuchâteloise et le feu va bientôt être allumé. Ah ! La torrée ! Rien que d’entendre ce mot ça me donne des frissons dans les moustaches. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, c’est une spécialité neuchâteloise avec de bons saucissons enveloppés dans des feuilles de choux et du papier journal, le tout bien ficelé et humidifié et cuit dans les braises. Autrement dit, un événement gastronomique majeur… auquel les chiens ne sont malheureusement jamais conviés officiellement.
Mais pas le temps de m’attarder à localiser les précieux saucissons. Je pourrai toujours mener mon enquête plus tard. Car voilà mes potes du GRL qui arrivent ! Watson, Vaia, Shamak, Xyane, Nemesis, Amina, Buck, Pépite, Pika, Tilka, Bina, Ouanne, Akashi et Gaucho ! Quelle joie ! Des copains, des copines, des courses-poursuites à gogo… ça promet ! Et qui sait, je trouverai peut-être quelques complices à quatre pattes pour monter une opération commando autour de la table… Objectif : chaparder quelques bouchées ni vu ni connu !
Tiens, justement, parlons de Gaucho. Alors lui, Je suis persuadée qu’il pousse ses maîtres à partir en vacances uniquement pour avoir une excuse pour venir retrouver ses copains du GRL. Un malin, ce Gaucho !
Après les salutations d’usage entre bipèdes, qui prennent toujours un temps fou à se raconter des choses qu’ils savent probablement déjà et les reniflements réglementaires entre quadrupèdes, les festivités peuvent commencer.
Mais pas le temps de bavarder : une mission capitale nous attend. Faire gagner l’équipe féminine. On se concentre, on ignore les garçons et surtout… ON NE TRICHE PAS. Enfin, nous. Pour ces messieurs, je ne garantis rien.
Première épreuve : le saut d’obstacle
Facile ! Trois bouts de bois posés les uns sur les autres, et ils pensent nous impressionner ?
Deuxième épreuve : le slalom infernal
Un slalom décoré de ballons de baudruche. Si c’est censé nous impressionner, c’est raté ! Nous, les ballons, ça nous fait même pas frémir une moustache (bon, personnellement, je me méfie quand même de ces objets gonflés qui font parfois « PAF » sans prévenir. Mais bon je garde mon sang-froid)
Par contre, je commence à me demander pourquoi les bipèdes ont l’air beaucoup plus stressés que nous. Ah oui ! Parce qu’ils doivent nous tenir en laisse d’une main, et avec cette même main pas franchement multifonction, faire tenir en équilibre une cuillère et une balle de ping-pong et sans faire tomber la balle. Voilà. Je comprends mieux. Déjà qu’ils ont parfois du mal à marcher droit sans rien dans les mains… Là, ça devient franchement technique. Et malgré tout… les filles s’en sortent haut la main. Sans tricher, elles ! Parce que du côté des messieurs, on a rapidement assisté à quelques tentatives très créatives : pouce discrètement posé sur la balle, gestes suspects. Ben voyons !
Troisième épreuve : le blind test proposé par Sylvie
Le principe était simple : reconnaître le nom de l’interprète ou le titre de la chanson. Simple pour qui a un minimum de culture musicale, évidemment. Et là, mes amis… je n’en croyais pas mes oreilles ! Je pensais que ma bipède allait enfin pouvoir montrer ses talents. Grossière erreur. Soit elle reste complètement muette… Soit elle répond n’importe quoi. À un moment, j’ai même envisagé d’aboyer la réponse à sa place. Le score était très serré. Et là, bizarrement, les hommes commencent à avoir des comportements étranges. Des réponses qui arrivent très vite, des discussions à voix basse, des petits sourires suspects. Bref… Ça sent la triche. Apparemment, perdre avec élégance n’est pas une compétence enseignée chez les bipèdes masculins. Nous, évidemment, nous avons tout vu mais nous sommes évidemment au-dessus de ces bassesses. Nous on garde notre dignité ! Mais je dois avouer que je commençais sérieusement à m’inquiéter pour l’honneur féminin. Heureusement, Stéphanie et Rose-Marie étaient là pour relever le niveau et sauver la réputation des filles.
Résultat : Les filles s’en sortent haut la patte !
Les cerceaux musicaux
Puis Nadia nous a présenté son jeu : la chaise musicale… enfin, plutôt les cerceaux musicaux. Le but du jeu : poser notre popotin au centre du cerceau dès que la musique s’arrête. Facile en théorie… Sauf qu’avec la taille des cerceaux et notre gabarit il fallait parfois jouer les contorsionnistes. Sur le papier, ça semblait pourtant simple. Et là… Les deux François ont alors réalisé une performance exceptionnelle. Pas forcément en matière d’agilité, mais en matière de tricherie, ils ont placé la barre très haut ! Mais rien n’y fit. Nadia et Shamak remportèrent la manche ! Franchement, à ce stade, je pense qu’ils devraient simplement nous remettre la coupe directement. Ça leur éviterait de perdre du temps.
Et au terme de toutes ces épreuves, le verdict tombe : victoire écrasante de l’équipe féminine !
Les filles ont brillé. Les hommes ont triché. Les filles ont gagné. Les hommes ont perdu. Personnellement, je pense qu’ils auraient mieux fait de consacrer toute cette énergie à apprendre à perdre dignement.
L’apéro : opération commando qui tourne au vinaigre
Après tant d’émotions, arrive enfin le moment de l’apéro ! Et là, mes potes et moi avons une mission de la plus haute importance : chaparder un morceau de chorizo, une flûte ou tout autre truc comestible qui traînerait à portée de truffe.
Nous nous mettons en position. Approche discrète. Regard innocent, queue qui remue gentiment. La technique semble au point. Mais voilà : ils ont compris notre petit manège ! Ces traîtres ont mis au point une nouvelle méthode de surveillance : un œil sur leur verre et l’autre sur nous. Je ne sais pas comment ils font. Personnellement, si je devais surveiller deux choses à la fois, je finirais probablement avec une patte dans le verre et la truffe dans le chorizo.
Notre première tentative échoue donc lamentablement. Mais pas question de baisser les pattes ! Nous sommes des chiens déterminés. Nous savons faire preuve de patience.
Le repas approche. Et là, il y a du lourd : de magnifiques saucissons bien grillés ! Je commence déjà à saliver. Dans ma tête, je peux presque sentir leur peau croustillante, leur parfum fumé et cette petite saveur qui ferait oublier toutes les injustices de la journée.
Notre cuisinier du jour, Brian sort les saucissons de la braise, retire ficelle et papier, et hop ! Les voilà aussitôt dans les mains de Stéphanie qui s’empresse de les couper en tranches et qui les dresse à une vitesse phénoménale dans les assiettes. C’est du travail à la chaîne ! Une organisation militaire ! Une véritable entreprise anti-chien ! Pas le temps de poser une patte sur la table, pas le temps de détourner l’attention d’un bipède que tout est déjà parti. Encore raté !
Nous tentons alors une autre stratégie : faire les yeux doux aux personnes installées autour des tables. Rien ! Pas une miette ! Pas même un minuscule morceau tombé accidentellement. Finalement, tout le monde se met à manger. Enfin, tout le monde… sauf nous, les chiens, ces grands oubliés de la gastronomie neuchâteloise. Mes potes finissent par abandonner et s’accordent une petite sieste. Ils ont tort. Une sieste, c’est bien, mais une sieste après avoir mangé du saucisson, c’est quand même nettement mieux.
Alors Amina et moi, refusons de capituler. Nous sommes des stratèges. Des expertes en opportunités. Et surtout, nous n’avons pas encore inspecté la poubelle ! Nous nous en approchons discrètement. La voie semble libre. Aucun bipède en vue. Pas de regard suspect. Pas de surveillance à deux yeux. C’est le moment ! Nous fouillons et… VICTOIRE ! Enfin… victoire est peut-être un bien grand mot. Ce que nous découvrons ressemble davantage à des morceaux de charbon qu’à un festin royal. Ce ne sont que les papiers dans lesquels les saucissons ont cuit, noirs comme la nuit et probablement capables de nous servir de cirage. On ne va tout de même pas manger ça, un peu de dignité.
Soudain, catastrophe, ma bipède surgit de nulle part. Comment fait-elle ? Elle peut passer dix minutes sans remarquer que je lui parle avec insistance, mais dès que je m’approche d’une poubelle, elle possède manifestement des pouvoirs surnaturels. Nous sommes prises en flagrant délit. Remontrances immédiates. Amina et moi retournons à nos places, la tête basse et la queue entre les pattes. Enfin… juste le temps de réfléchir à la prochaine stratégie. Parce que, personnellement, je ne considère pas cela comme une défaite. C’était simplement un essai culinaire qui n’a pas rencontré le succès escompté.
Le dessert : ultime espoir de la journée
Et justement, voici le dessert ! Mes amis, quel spectacle ! Jacqueline a préparé des merveilles. Des douceurs à perte de vue, des gâteaux, des gourmandises, un choix digne d’un restaurant cinq étoiles. Et le meilleur dans tout ça ? Tout est à hauteur de truffe ! Cette fois, c’est la bonne ! Je m’approche avec mon regard le plus irrésistible. Celui qui fait normalement fondre les cœurs et ouvre les portes des placards. Mais hélas, la technique de surveillance est toujours en place : un œil sur l’assiette et l’autre sur moi. C’est à se demander si les bipèdes n’ont pas été spécialement entraînés pour nous empêcher de manger. Pas une miette ne tombe. Pas un morceau ne glisse mystérieusement du côté canin. Rien. Nada. Finalement, on abandonne. Mais intérieurement, je note bien les noms de ceux qui n’ont rien laissé tomber. Oui, oui, je vous assure : j’ai une excellente mémoire. Ils seront surveillés lors de la prochaine sortie du GRL.
Enfin la grande récréation
Ah ! Voilà enfin une activité digne de ce nom ! Des roulades, des courses-poursuites, des luttes amicales, des bonds, des virages serrés et quelques dérapages qui feraient pâlir les plus grands pilotes de rallye. Nous courons, nous jouons, nous nous chamaillons, nous profitons de la vie. Et pendant ce temps, les bipèdes peuvent enfin se détendre sans craindre que nous leur subtilisions leurs assiettes. Enfin… c’est ce qu’ils croient.
Puis Henry décide de proposer un dernier jeu, juste pour le plaisir, puisque la victoire est déjà féminine. Il nous demande de former un cercle assez serré. Ensuite, on nous détache et nous pouvons partir où bon nous semble. Le principe est simple : au signal « retour », nous devons revenir le plus vite possible auprès de nos bipèdes. Simple, oui. Mais encore faut-il être malin ! Et moi, justement, j’ai élaboré une stratégie de compétition redoutable : ne pas partir trop loin de ma bipède. Pendant que certains partent explorer les confins du terrain, renifler trois brins d’herbe, moi, je reste à une distance raisonnable de ma cible. Le mot « retour » retentit ! Et là, c’est le grand bazar ! Tout le monde se précipite vers son bipède. Ça court dans tous les sens, ça se croise, ça se bouscule presque. On dirait une course au dernier biscuit. Moi ? Je suis déjà arrivée, j’avais tout prévu. Pika, lui, prend son temps. Manifestement, il estime que fouiner est plus important que la victoire. Résultat : une fois encore, les filles remportent l’épreuve !
À ce stade, je crois que le message est clair. Il faudrait peut-être songer à remettre le trophée directement aux femmes dès le début de la journée. Nous gagnerions du temps, et les hommes pourraient consacrer leurs efforts à quelque chose de plus accessible.
Un immense merci… même si j’ai faim !
Avant de conclure ce récit mémorable, je tiens, au nom de toute la délégation canine du GRL, à remercier chaleureusement Brian, notre cuistot, et son fidèle commis Stéphanie pour l’organisation de cette belle journée et pour ces délicieux saucissons. Enfin, délicieux, c’est ce qu’on m’a dit. Personnellement, je n’ai pas été autorisée à vérifier. Un grand merci également aux dames du comité pour leurs magnifiques salades, que je n’ai pas pu goûter non plus. Et à Jacqueline pour ses merveilleux desserts. Là encore, il faudra demander aux bipèdes s’ils étaient bons, puisque je n’en ai même pas reçu une miette. Mais je ne suis pas rancunière. Enfin… pas complètement. J’ai simplement une très bonne mémoire, une excellente truffe et un carnet mental dans lequel figurent désormais tous les noms des bipèdes qui n’ont pas partagé leur repas.
Et les garçons peuvent donc dès maintenant s’entraîner à perdre avec dignité ; réviser le règlement ; oublier leurs techniques de triche et surtout… PRÉPARER LEURS EXCUSES ! Parce que l’année prochaine… LES FILLES VONT ENCORE GAGNER !🏆🐾
Allez, grosses léchouilles à tous et rendez-vous l’année prochaine pour une nouvelle torrée !
Soizic, reporter pour le GRL, inspectrice officielle des saucissons et victime permanente de discrimination






























































